- Allo ? Julie ? On aimerait t’emmener en tournée avec nous à la rentrée, avec Camille (Helluvah) et peut-être une autre artiste française. Tu en penses quoi ?
- Gééééénial, je viens !
Julie Peel est une fille chouette comme on en fait plus, elle vit à New York et sa musique s’est retrouvée propulsée dans différents séries américaines, très vite la frenchy née à Cannes est adoptée par une communauté de songwriters et elle partagera dans quelques jours l’affiche avec Tanya Donely et Jenny Owen Youngs au Joe’s Pub de New York, partager n’a pas le même sens en France on le sait tous. Julie Peel n’a pas de plan de carrière, elle veux juste que son artistique sonne juste, au plus près de ses envies, ce qu’elle veux elle le sait parfaitement et je n’ai pas besoin de le lui demander pour le savoir : elle rêve de faire le plus bel album du monde et peut-être adopter un kangourou.
Entre temps, j’envoie un mail à une autre artiste pour notre mini tournée, une fille que je connais depuis des années et la réponse ne se fait pas attendre : c’est un oui franc, on échange même sur le fait que je pourrais être le roady (je sais conduire et plutôt bien). Je prends donc contact avec son équipe pour les détails…. et en 30 secondes les choses se compliquent…. la réponse officielle tel l’eurovision et ses points bidons “il a été décidé que mon artiste privilégierait les premières parties avec des artistes d’envergure (on me donne des noms mais je préfère pas les donner) et qu’elle éviterait de faire des plateaux communs trop féminins ou à forte connotation “lesbiennes”. C’est ce qui a été convenu avec le tourneur, le manageur qui espère bien un jour que son investissement de temps va lui rapporter, me l’explique avec un sérieux désarmant. Je m’insurge un poil et j’oppose l’artistique, les valeurs de l’artiste… blah blah blah. Mais moi je n’entends rien aux PLANS DE CARRIERE … en dix ans de musique, des plans de carrière j’en ai vu défiler autant que de jolies minettes avec des guitares, on pourrait écrire un bréviaire avec le nom de toutes ces artistes disparues…
Depuis la crise, les indépendants ont l’impression qu’ils vont conjurer le sort en utilisant les armes d’un défunt business qui ne fonctionne qu’une fois sur cinq. On parle plan de carrière, plan marketing, image etc. Un éditeur il y a quelques jours lorsque je l’invitais à venir nous visiter ‘en province’ m’a objecté une notion de ‘productivité’ !!!! Au secours, le navire est fou ….Charlotte et moi on s’est regardé et on a explosé de rire. Même le stagiaire s’est marré.
Mais est-ce que Likke Li a eu un plan de carrière avant de faire 20 000 plays par jour sur myspace ? Est-ce que les Bat for Lashes quand elles ont enregistré leur vidéo de “what’s a girl to do” ont pensé à leur développement ? La musique sort ou ne sort pas. Les Arctic Monkeys ne se sont pas posés toutes ces questions, ils ont joué joué joué et sorti un disque. J’ai travaillé avec une Islandaise qui multiplie les plans de carrière à chaque album et dont le premier disque est un dico de “name dropping”. On lui a dit de faire de la pub : elle l’a fait, on lui a dit d’envahir le marché d’abord sur le net : elle l’a fait, on lui a dit qu’il fallait qu’elle se démarque elle l’a fait… ça n’a toujours pas décollé.
Qu’en est-il du désir profond qui crée le lien ? Il faudrait donc oublier l’envie de partager de bons moments au profit d’un business et de sa propre image ? Rester proche des autres nous permet de nous sentir vivant. Pour un artiste être proche de sa communauté lui offre un soutien sans faille qui lui permet de se développer. Se couper de ses racines et de ses désirs projette l’artiste dans un océan de désespoirs quelle que soit la carrière qui en suit… et c’est bien dommage.
- Allo Lady G ? on part en tournée à la rentrée avec des copines, tu fais quoi …
- Rien pour le moment, j’ai un concert à Bilbao … mais elle est jolie ta copine Camille ?
(to be continued…)
fouachette en chef
3 juin 2010
Julie Peel si tu m entends, je n ai jamais reçu ton album (just for the record
). Mais je t aime encore plus qu avant et je vais retourner lire ton blog que j avais délaissé.
Les plans de carrière soit, je ne suis pas contre, mais j appellerais plus ça une ligne directrice, un guideline pour ne pas se perdre en cours de route. Je serais curieuse de connaitre le nom de cette Artiste si bien entourée et conseillée….Hauts les coeurs, et si je peux vous aider pour la tournée, de près ou de loin, je suis là !
Julie
12 juin 2010
hahaha je viens juste de lire ça!
je ne sais pas de qui tu parles, mais c’est clair qu’elle est mal advisée (désolée si mon français est pourri, j’en perds un peu plus chaque jour depuis que je suis ici)… Ceci dit, il y en a des tonnes aussi ici d’artistes dans le placard qui pensent qu’y rester aidera leur carriere. Moi, je dis, il n’y a qu’a regarder ce que le fait d’etre OUT a apporté a Tegan & Sara. Je les suis depuis 2002, et est fiere de dire que j’ai assisté a leur 1er concert parisien, où je peux vous assurer que personne n’était là pour elles (c’était une premiere partie de Hot Hot Heat, j’aimais meme pas ce groupe mais je voulais pas rater T&S). Maintenant elles sont un des groupe qui rapporte le + de tune avec leur merch. leurs chansons sont sans arrets dans des series, et leur tournées sont toujours SOLD OUT. tout simplement parce qu’elles sont ELLES MEMES.
on est en 2010 bordel! il serait temps que les choses changent! et c’est les managers et big labels qui font en sorte que leur artists aient hontes… ça me debecte. qqunes des mes amies ici sont dans cette situation et je trouve ça ridicule. d’ailleurs, aujourd’hui c’est la gay pride a Brooklyn et rien que pour ça, je vais sortir, et accompagner mes ami(e)s.
Ceci étant dit, les magazines et tv etc catégorisent trop vite et c’est en grande partie de leur faute si certains artistes restent closetés. Combien de fois j’ai lu “Tegan and Sara, the two Lesbian twins” ça passe meme avant le twins!! est ce qu’on dit Aurevoir Simone the 3 straight girls? tssss
i could go on and on……….
P.S: Lafouache, le label a bien envoyé des CD, mais qq personnes m’ont effectivement signalé qu’ils ne l’avaient pas reçu, ou simplement une envelloppe vide, ouverte… LA POSTE m’aime apparement… j’ai seulement une version digitale pour le moment, que je peux t’envoyer, si tu veux.
eole17
12 juin 2010
Ici, à Ocean Music on a toujours dit : les artistes ont toujours raison même quand on pense pas pareil et leur choix est souverain.
eole17
18 juin 2010
Il y a quelques jours, je relatais cette aventure à quelqu’un du métier qui m’a dit : non mais tu sais, c’est compréhensible, à Paris, le communautarisme gay, ça peut être ennuyeux pour l’image d’un artiste qui aurait envie d’aborder une carrière plus large etc.
Je connais cette personne et elle n’est pas homophobe, enfin pas à ma connaissance.
MAIS soyons totalement clair avec tous et toutes ici à ce sujet : NO WAY.
Si j’entends encore, ne serais-ce qu’une ébauche de discours identique envers une quelconque couleur, sexe ou nationalité, je vous jure que je rayerai cette personne de mes listes quelque soit son importance.
Charlotte
18 juin 2010
Bien dit !